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jeudi 5 février 2026

Olimpico

 
 
 



Le teatro olimpico


Vicenza du 1er au 6 Janvier 2026     Vendredi: Museo Chiericati  Teatro Olimpico  Chiesa di Santa Corona




Deuxième jour, plats du jour consistants ! Après la découverte de la magnifique Vicenza au jour,


Palladio, Palazzo
Valmarana

On n'est pas loin de Venise...

ici même le cinéma
a le style Palladio !
 
nous abordons le somptueux Musée Chiericati ( encore Palladio ! ) :

Il faut aussi regarder en l'air


L'agencement moderne est très beau, et bien documenté.
Dans les premières salles, des peintres locaux qui méritent un coup d'oeil, et aussi le grand maître des chiens, Jacopo Bassano, mais à ce rythme là on n'arrivera jamais au bout !

Francesco Maffei, Glorification  
du podestat Girolamo Priuli   1649 





Bassano,   Les recteurs de Vicenza
S.Cappello  et G.Moro agenouillés
devant la Vierge en majesté( dét)  1573



Anonyme vénitien, Crucifixion
1412

Je m'intéresse de plus en plus à la peinture ancienne, gros coup de coeur pour cette crucifixion, 


Montagna, Christ portant la croix
ca 1510

Fogolino, Adoration des mages  1511





















et cette adoration des mages, inspiration flamande, peut-être ? Et ce Christ !! Bouleversant.

Toujours dans les " régionaux de l'étape ", laquelle de ces deux Marie-Madeleine est la plus belle ?

Bonconsiglio,Lamentation
sur le Christ mort ( dét) 1495

Rondinelli,
Ste Marie-Madeleine
1495
 
On n'est pas obligé de choisir.


Les deux hits de ce musée italien...sont des flamands ! L'admirable crucifixion :

Memling, Tryptique de Jan Crabbe   1467/70 

et le non moins admirable ( ça, évidemment c'est mon préféré ) :

Van Dyck, Les quatre âges de l'homme 1625

Avez-vous déjà vu un bébé plus adorable ?

Mais assez de superlatifs, gardons en un peu pour Tintoretto, Veronese, 

Tintoretto, St Augustin guérisssant
les infirmes   1550 


et quelques détails ravissants :

Veronese,Putto ailé   1551 

Bassano, Madone en majesté avec l'Enfant
 et les saintes Catherine et Marie-Madeleine (dét)
ca 1530 



Anonyme, Madone en adoration
ca 1520 



































Je ne  me passionne pas particulièrement pour la sculpture, mais je ne résiste pas à celle-la. De loin, je reconnais un vieux pote ( découvert à Genova, revu à Milano ) :

 

Vermiglio, Le sacrifice d'Isaac 1625

Maffei, L'ange gardien montre
 à l'enfant le chemin de la vertu 1626
















En fait c'est facile, il suffit de reconnaître les modèles



Après les anges gardiens, les femmes fortes !
Toujours Vermiglio et :
Giordano, Le suicide
de Lucrèce ( dét) 1655

Vermiglio, Judith et
Holoferne  1621




Régnier, Judith avec la tête
d'Holoferne ACC Venise 1660






































 la splendide Judith de Nicolas Régnier, en visite depuis Venise où ce joyau de la peinture française réside d'ordinaire. Ensuite, et lui aussi il est bien reconnaissable , vient Tiepolo, mais j'en parlerai plus longuement dans quelques jours. Ce serpent n'est-il pas croquignolet ? :


Tiepolo,
 Immaculée Conception  1733



Tiepolo, Immaculée Conception
(détail) 1733



Tiepolo, Le temps
qui révèle la vérité 1745


On termine  avec la collection d'un esthète mécène local, le marquis Giuseppe Roi,  très éclectique, comme la baronne ( Madrid ) encore des choses passionnantes, je choisis chauvinement :


Corot, Paysage du Latium n.d.


Nous reviendrons après-midi voir l'exposition temporaire, il faut reprendre des forces. Et surtout, voir le fameux teatro Olimpico de Palladio, le premier théâtre couvert d'Europe ( 1580 ).
C'est très impressionnant, surtout quand on pense que c'était éclairé avec ces petites loupiotes ! Et surtout c'est très beau.


Le "mur" et le décor du Teatro Olimpico


Eclairage ! Tu m'étonnes qu'il y avait souvent
des incendies dans les théâtres...

















L'expo temporaire du Musée n'étant pas très intéressante, il nous reste du temps pour un petit tour dans l'église Di Santa Corona, superbe crypte, encore Palladio, et surtout deux merveilleux tableaux :
 






Giovanni Bellini, Le baptême
du Christ 1503



Veronese, Adoration des Mages 1573

Veronese, Adoration des Mages  1573
(détail)
 

Ah, mes amours !  Je regrette un peu que le Bellini soit si mal éclairé...Le Veronese aussi, donc je m'approche pour voir les détails, après avoir allumé un petit cierge. Et là, un charmant vieux monsieur me fait l'article ( en italien, mais je gère ) et m'explique que chaque fois qu'il vient, il découvre un nouveau détail fascinant : " Vous avez vu que l'enfant Jésus a le pied chatouillé par la barbe du mage en jaune, c'est pour ça qu'il se détourne ! "

J' adore ces italiens ..."La grande Belleza ".

Et au moins, ces deux chefs-d'oeuvre n'ont pas été passés à la machine et les bleu/jaune/rouge sont parfaitement équilibrés. On regagne nos douillettes pénates, non sans avoir rendu grâce au maestro Palladio ...


Palladio en majesté

L'entrée du Giardino Salvi



















                                                   
                                                  ...enchantés de cette seconde journée, sur un air de La Flûte ...Enchantée !


Toutes les photos © Solvej


dimanche 19 janvier 2025

Castello, et toujours ce Hayez




Le Castello Sforzesco

 

Milan du 2 au 6 Janvier 2025     Dimanche : Castello Sforzesco   Galleria d'Arte Moderna




C'est dimanche, c'est gratuit, il y a beaucoup de monde mais la queue avance vite, et comme c'est immense on ne sera pas trop gênés. Au vu du plan, que j'ai le temps d'étudier dans la queue, je dis " on ne fera que la Pinacothèque, et peut-être les instruments de musique car il y a un "hommage à Puccini", bon...car il y a une dizaine de musées dans cet édifice imposant.

Oui, mais...il n'y a qu'un circuit unique, et je n'ai pas trouvé l'astuce pour aller tout droit à la Pinacothèque, donc nous traversons ( rapidement ) le musée d'art ancien, statuettes, vases, débris, la salle des Asse où les élèves de l'école d'art locale sont en train de repeindre la fresque de Léonard ( mauvais esprit, comme d'habitude ) l'armurerie magnifiquement présentée,



Dans le musée d'Art ancien

la muséographie est très belle je dois dire. Encore davantage peut-être dans le musée des meubles et de la sculpture sur bois, qu'il faut traverser pour trouver la fameuse pinacothèque, mais on ne regrette pas car c'est superbe



Tiens, le fauteuil Proust
déjà vu à Gand



Sublime cabinet avec les
" Misères et malheurs de la guerre"
de Jacques Callot en ivoire 





 Le fil conducteur est assez opaque, il me rappelle un peu le musée d'Orsay au début, la première installation, celle de la grande Gae Aulenti avec des " points de vue",  
et des associations épatantes. Tiens, ça je connais :


Rubens, Trois femmes avec
des putti  ca 1640


 


Mais enfin, la Pinacothèque ? Nous y voilà, très chronologique, commençons par le commencement


Vincenzo Foppa, Martyre de
St Sébastien 1490/1500



Bergognone, San Rocco
1505/10

Cesare da Sesto, Polyptyque de St Roch 1523


Je retiens parmi des kms de saints dorés ce St Roch  émouvant, ce paysage très joli en fond de martyre de St Sébastien et un très beau retable. En fait depuis que nous sommes ici, je découvre un peu cette peinture des débuts de la Renaissance qui ne m'attirait pas d'habitude.

Bramantino, Lamentation du Christ
1515/20

Ce Bramantino est très émouvant avec cette très belle composition de bras, et un peu plus loin, ces anges, trop jolis ! On voit dans Mantegna, comme chez son beau-frère Giovanni Bellini, que la " raideur" du Moyen-Age laisse place à une peinture plus "vivante" et moins dogmatique, d'après nature


Mantegna, détail

Mantegna, Vierge en gloire
avec les Saints Jean Baptiste, Grégoire le grand,
Benoit et Jerôme  1497
 

 Cette évolution est bien mise en évidence dans ces deux portraits 

Correggio ,  Portrait d'un homme
 lisant 1517/23

 Giovanni  Bellini, Portrait du poète 
Raffaele Zovenzoni  1467






















le Bellini de la fin du Quattrocento et le Correggio du début du Cinquecento.

Sur les grands maîtres du 16è siècle que j'aime tant, le musée est moins riche , un Bronzino, un Lorenzo Lotto

Bernardino Licinio, Portrait de dame avec
l'effigie du défunt 1528 

Tintoretto, Tête d'homme  1548




















quelques vénitiens, pas des moindres, et ensuite une quantité industrielle de portraits XVIIIè dans une immense galerie assez ennuyeuse, au bout de laquelle on a quelques jolies vues de Venise, dont ce Guardi très impressionniste, que décidément je préfère nettement à Canaletto , et un beau Vermiglio que je commence à bien reconnaître !


 Giuseppe Vermiglio  
St Sébastien1621

Guardi, Bourrasque 1775/1793




















Mais c'est tout pour la Pinacothèque, les instruments de musique sont un peu poussiéreux et l'hommage à Puccini bien succinct, après, les Arts Décoratifs, céramiques, ivoires, bronzes et compagnie, sans oublier la verrerie ( et même contemporaine, au secours ! ) nous sommes au bord de l'indigestion, où est la sortie...


Sur le chemin du retour, je ne veux absolument pas rater la Galleria d'Arte Moderna, ça nous changera un peu et il y aura peut-être  quelques macchiaioli  plaisants, en plus de Manet, Van Gogh, Modigliani, Picasso...

C'est une très belle villa néo-classique, déjà ça c'est agréable comme endroit, mais Manet etc...raté, car le deuxième étage est fermé, et de macchiaioli point,  mais deux salles entières de portraits de parents guindés et d'enfants mignonnets avec plein de fleurs de ce cher Hayez...

Cela dit, j'aime bien les paysages romantiques et leurs grands  mélodrames


Andreas Achenbach, Coucher de soleil
après une tempête dans le golf de
La Spezia 1857


Massimo d'Azeglio, 
 Una vendetta 1835


















Le clou du musée, c'est la grande toile " sociale " de Pelizza da Volpedo, peintre "divisionniste "  (dont j'avais bien aimé le " soleil"  à la Galerie d'Art Moderne de Rome )  qui occupe tout un mur au fond de la belle salle de bal de la Villa Reale.



Giuseppe Pellizza da Volpedo, Il quarto stato 1901


Il paraît que cela lui a pris dix ans, je veux bien le croire. C'est très impressionnant, mais je crois que je préfère ce petit tondo à la  fraîcheur charmante avec une belle étude d'ombres et lumières.

Pellizza da Volpedo, Idylle pastorale dans les
champs de l'église de Volpedo ( la ronde ) 1906



Il était très ami avec Segantini dont le fameux "Ange de la vie" est exposé en majesté dans la première salle. C'est un tableau que j'aimais bien à une certaine époque, je le trouve un tantinet décevant " en vrai", un peu fade, couleurs ternes, chichiteux,   comme sont la plupart des symbolistes  exposés ici,  à part le curieux Grubicy de Dragon ( déjà, avec un nom pareil!), un divisionniste comme lui 


Giovanni Segantini,
 L'Ange de la vie 1894 

Vittore Grubicy de Dragon,
 Sinfonia crepuscolare  1896




















Vittore Grubicy de Dragon, 
 Sinfonia crepuscolare
( détail) 1896


qu'il faut vraiment regarder de très près pour apprécier cette technique particulière. Mais le résultat est joli, plus sensible que chez nos pointillistes je trouve,sans doute est-ce le fait que ce sont des taches ( comme Pollock) et non des petits carrés ( comme Signac ou Cross), en tous cas chez Grubicy ( agrandissez le détail). 
Encore quelques réalistes très sombres et très plombants, et nous rentrons en traversant le joli parc Indro Montanelli où l'on reste dans la même ambiance... 

Je n'y ai pas pensé en prenant
la photo mais la ressemblance
est troublante


Toutes les photos crédit @Solvej